Au commencement du bureau blanc…

Pourquoi (encore) un blog ?

J’ai créé mon premier blog à l’âge de 18 ans. Puis quatre autres ont suivi. Cinq en tout (ça fera six avec celui-ci !), oui oui. Durant plus de dix ans. En somme, j’ai été blogueuse toute ma vie d’adulte. Comme je l’ai déjà dit en d’autres lieux, c’est devenu un vrai pan de mon identité. Et comme le chante Céline Dion (les références de folie, t’as vu ?), on ne change pas.

Arrivée à saturation de mon dernier blog, pourtant consacré à ce que j’avais de plus cher, à savoir les deux charmantes têtes châtain qui égayent (version optimiste) mon quotidien, j’ai décidé de faire une pause. Une loooongue pause. J’ai tenu précisément un an et demi.

Puis l’envie de faire vivre les articles qui commençaient à s’entasser sur mon disque dur (celui de mon ordinateur – ce n’est pas une métaphore pour mon cerveau… quoique…) a été plus forte, et un jour d’ennui mortel au travail a eu raison de mes dernières réticences (non pas que j’aie créé ce blog au travail – si ma chef vaquait innocemment à ses occupations, ma conscience professionnelle, elle, veillait au grain ! – mais c’est là-bas du moins que je l’ai conceptualisé).

Le bureau blanc était né.

Pourquoi ce nom ?

À mi-chemin entre le bureau ovale et la maison blanche, le bureau blanc, c’est une lubie de blogueuse pas hype mais qui aimerait bien le devenir.

À la rentrée 2018, j’ai réalisé mon vieux rêve d’emménager dans une maison dont l’intégralité des murs étaient peints en blanc. J’ai beau ne pas être une décoratrice dans l’âme, ça fait des années que les intérieurs immaculés me font de l’œil et que j’envie les êtres éthérés qui en ont fait leur demeure.

Je ne suis pas éthérée, mes filles encore moins, mais désormais, nous avons nous aussi des murs dignes d’Instagram (une fois les taches de chocolat et de sauce tomate frottées, du moins), un intérieur lumineux et raffiné que, pour bien faire, je peuple progressivement de tout un petit monde végétal aux vertus purifiantes et apaisantes. Un vrai cliché de blogueuse scandinave.

Enfin, si on excepte notre chambre, meublée sommairement d’un lit, de deux tabourets en guise de table de nuit et d’une grosse boîte fourre-tout pour compléter les placards trop petits.

Si les tabourets de nuit, que nous traînons depuis dix ans, resteront encore un temps (oui, on est sentimentaux… et fauchés…), les heures de la boîte fourre-tout sont comptées depuis que nous avons fait l’acquisition d’une superbe commode blanche chez le géant suédois (toujours la Scandinavie !). Et pour lui tenir compagnie, petite folie de parents débordés, nous avons acheté un bureau. Blanc, vous l’aurez compris.

Depuis, ce bureau cristallise tous mes rêves d’écriture, de solitude, d’évasion. Fermer la porte de la chambre, me mettre à mon bureau, et écrire durant des heures sans songer au temps qui file et à la vie qui continue à déborder de partout derrière la porte close.

Un bureau blanc comme une page blanche, qui ne demande qu’à se couvrir de mots dans le silence d’une chambre fermée. Une gageure peut-être ? Nous verrons.

Pourquoi avoir fermé les commentaires ?

Venons-en au sujet qui fâche (à ce stade, vous ne vous en êtes sûrement pas encore rendu compte, certes, mais je préfère anticiper les centaines – rien que ça ! – de mails me signalant un problème technique). J’ai toujours dit (ou du moins j’ai déjà dit – mais depuis ce temps, c’est acté pour moi) que si j’ouvrais un nouveau blog, je fermerais les commentaires.

Alors, je sais. Le principe d’un blog, c’est l’échange. L’essence d’un blog, c’est les commentaires. Mais si je n’ai pas envie de jouer le jeu, après tout, c’est mon droit, non ? Car moi, à vrai dire, je trouve que les commentaires ne sont pas dépourvus d’un certain nombre d’effets pervers.

Déjà, les commentaires constituent très rapidement, si ce n’est dès le départ, un système de notation pour le blog. Le but étant évidemment d’en avoir le maximum, pour s’auto-prouver que ce qu’on écrit est intéressant.

Mais demander aux autres de commenter son blog, c’est s’engager également à commenter ceux des autres. Or, je n’ai ni le temps ni l’envie de (re)faire ça. Je veux pouvoir lire un article et l’apprécier (ce que je continue à faire depuis un an et demi que j’ai fermé mon précédent blog) sans me sentir obligée d’en dire quelque chose (surtout si je n’en ai rien à dire).

Je refuse également que les autres utilisent mon blog pour faire leur auto-promotion et/ou le remplissent de petits mots vides de sens pour me prouver leur amitié. Je le sais, que vous m’aimez (si si), et si vous tenez absolument à me dire quelque chose de mes articles, je ne doute pas que vous trouverez d’autres moyens de me contacter.

Les plus caustiques d’entre vous insinueront probablement que c’est parce que je n’accepte pas la critique. Ce n’est pas si faux. J’écris parce que j’ai besoin d’écrire, et non parce que j’ai besoin de l’avis des autres (et surtout pas quand celui-ci m’est donné dans le seul but de me contredire ou de me blesser – je sais que c’est une minorité, mais étrangement, c’est toujours cette minorité qu’on retient, au final). Comment font les gens qui ne sont pas blogueurs ? Demandent-ils à tous les gens qui passent de commenter chacune de leurs pensées ?

Sans doute que ce parti-pris retardera, voire empêchera, l’essor de ce blog. Mais vous savez quoi ? Peu importe. Des milliers de blogueurs affirment (ou du moins prétendent) bloguer uniquement pour le plaisir, et c’est également ce à quoi j’aspire. Ceux qui voudront me lire le feront, sans arrière-pensée, et ceux qui n’y trouveront aucun intérêt passeront leur chemin. Et ce sera parfait ainsi.

Que trouvera-t-on sur le bureau blanc ?

Mon imprimante, mon ordinateur, une lampe, une plantule et une tasse de thé.

Ha ha. Un peu d’humour sûrement mais (comme vous venez sans doute de le constater) ce n’est pas non plus ma spécialité. Alors disons plutôt des réflexions. Oui, sans plus de précision. Du sérieux, du léger, du personnel, de l’universel…

Dans la mesure où je n’ai pas de rêves de gloire, je peux me permettre de ne pas avoir de ligne éditoriale, de ne pas chercher à rentrer dans une niche (wouf) (pourquoi mon blog ne sera définitivement pas un blog humoristique…), alors j’y mettrai juste ce qu’il me vient, ce que j’ai envie de partager au monde (enfin aux trois personnes qui auront envie de me lire sans rien attendre en retour).

Il est important pour moi de continuer à écrire et à penser. Pour ne pas m’encroûter, pour ne pas perdre la main. C’est sans doute un but très égoïste mais, vous l’aurez compris, ce sera un blog très égocentré également. Il y a donc une certaine cohérence d’ensemble.

Je ne souhaite pas non plus m’imposer de rythme de publication. Je me réserve le droit d’écrire toutes les semaines, tous les mois ou trois fois l’an, selon mes envies. Oui, je veux un blog sans contraintes. Le beurre et l’argent du beurre, diront certains. Mais si je peux tout avoir, j’aurais tort de m’en priver, n’est-ce pas ?

Sur ce, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture et à m’auto-souhaiter une longue vie virtuelle ! À très vite ! (Ou pas, surprise !)

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